JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION 2026 : « Nourrir
À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le Dr Ir Makosso ALLAVO, expert en chaînes de valeur agroalimentaires et en management de la qualité, revient sur les défis de la sécurité alimentaire au Bénin. Dans cet entretien, il souligne l’importance de l’innovation, de la transformation des productions locales et de la réduction des pertes après récolte pour bâtir un système agroalimentaire durable et garantir aux populations une alimentation saine, nutritive et accessible.

Q : Quelle lecture faites-vous de ce thème au regard des ambitions du Bénin en matière de modernisation agricole et de sécurité alimentaire ?
R (Dr Ir Makosso ALLAVO) : Le thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain » est particulièrement pertinent pour le Bénin. Il nous rappelle que la sécurité alimentaire de demain se construit dès aujourd’hui, à travers les choix que nous faisons en matière de production agricole, de recherche scientifique, de transformation agroalimentaire, de conservation des aliments et de gestion de nos ressources naturelles.
Pour moi, l’innovation ne doit pas être réduite à l’acquisition de machines modernes ou à l’utilisation du numérique dans les exploitations agricoles. Elle doit être comprise comme la capacité à trouver des solutions adaptées à nos réalités, accessibles à nos producteurs, rentables pour nos entreprises et bénéfiques pour les consommateurs. Le Bénin dispose d’atouts considérables : des terres agricoles, une diversité de productions, des savoir-faire traditionnels, une jeunesse dynamique et des entrepreneurs qui démontrent chaque jour leur capacité à transformer nos ressources locales. Mais nous devons franchir une nouvelle étape : passer d’une agriculture essentiellement orientée vers la production à un système agroalimentaire intégré, capable de produire, de conserver, de transformer et de distribuer durablement des aliments de qualité. Cela suppose d’investir dans les technologies adaptées, de renforcer la recherche appliquée, de promouvoir la transformation locale et d’améliorer l’accès des populations à une alimentation saine et nutritive.
Mon message est simple : le Bénin ne doit pas seulement chercher à produire davantage, il doit aussi apprendre à mieux produire, mieux conserver, mieux transformer et mieux nourrir sa population. C’est à cette condition que l’innovation deviendra un véritable instrument de souveraineté alimentaire.
Quels changements la modernisation agricole et la valorisation des productions locales peuvent-elles apporter au Bénin ?
Ces orientations peuvent transformer profondément notre économie agricole, à condition qu’elles soient mises en œuvre dans une logique de chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à la consommation.
Au niveau de la production, la modernisation peut permettre d’améliorer les rendements, de mieux maîtriser l’irrigation, de faciliter l’accès aux intrants de qualité et de renforcer les capacités des producteurs à anticiper les risques climatiques. Mais l’augmentation des rendements ne suffit pas si nous ne disposons pas de solutions efficaces pour absorber les surplus de production. C’est là que la transformation agroalimentaire devient stratégique. Prenons l’exemple de l’ananas : lorsque la production est abondante, une partie des fruits peut être perdue faute de débouchés ou de capacités de conservation. Pourtant, ces fruits peuvent être transformés en ananas séché, jus, purées, vinaigres, ingrédients alimentaires ou autres produits à plus forte valeur ajoutée. La même logique peut s’appliquer au manioc, à la tomate, à la mangue, au maïs et à bien d’autres productions locales. Cette approche permet de prolonger la durée de conservation, de diversifier l’offre alimentaire, de créer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, et d’accroître les revenus des producteurs.
Toutefois, il faut éviter une erreur : considérer l’autosuffisance alimentaire uniquement sous l’angle des quantités produites. Elle dépend également de la disponibilité des aliments tout au long de l’année, de leur accessibilité économique, de leur qualité nutritionnelle et de leur innocuité.
La véritable modernisation agricole consiste donc à construire un système dans lequel chaque augmentation de production trouve des débouchés économiques, contribue à nourrir les populations et génère des revenus durables pour les acteurs de la chaîne de valeur.
Quelles solutions technologiques le Bénin devrait-il privilégier pour réduire les pertes après récolte et améliorer la conservation ?
À mon sens, la réduction des pertes après récolte devrait devenir une priorité nationale au même titre que l’accroissement de la production. Produire davantage pour perdre une partie importante de la récolte quelques jours ou quelques semaines plus tard constitue une perte économique, sociale et environnementale. Le Bénin doit privilégier des technologies adaptées à la nature des produits, aux conditions climatiques, aux capacités financières des acteurs et aux débouchés commerciaux.
Premièrement, nous devons renforcer les infrastructures de conservation : magasins adaptés, équipements de ventilation, chambres froides, systèmes de refroidissement et chaînes du froid pour les produits particulièrement périssables. Pour certaines filières, des solutions solaires peuvent contribuer à réduire les coûts énergétiques, à condition d’être dimensionnées selon les besoins réels.
Deuxièmement, il faut développer les technologies de transformation et de stabilisation des aliments. Le séchage solaire amélioré, les séchoirs hybrides, la déshydratation contrôlée, la pasteurisation, la fermentation maîtrisée et les techniques appropriées de conditionnement peuvent prolonger la durée de vie des produits tout en préservant leurs qualités sanitaires et nutritionnelles.
Troisièmement, nous devons investir dans les emballages performants et adaptés. Un produit bien transformé, mais mal conditionné, peut rapidement perdre sa qualité. Les emballages doivent protéger contre l’humidité, l’oxygène, la lumière ou les contaminations, selon les caractéristiques du produit.
Enfin, il est indispensable de renforcer les compétences des acteurs. Une technologie ne produit des résultats que si elle est correctement utilisée, entretenue et intégrée dans une organisation économique viable.
Je plaide donc pour la mise en place de plateformes locales de conservation et de transformation partagées, notamment dans les bassins de production. Elles permettraient aux petites entreprises et aux coopératives d’accéder à des équipements qu’elles ne pourraient pas financer individuellement.
Notre ambition doit être de faire de chaque surplus agricole une opportunité économique plutôt qu’une source de pertes. Mais cette ambition exige des études techniques, des analyses de rentabilité et un accompagnement des acteurs après l’installation des équipements.
Comment les initiatives publiques peuvent-elles favoriser l’émergence d’industries agroalimentaires locales performantes et compétitives ?
Les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer pour créer un environnement favorable à l’investissement agroalimentaire. Toutefois, l’objectif ne doit pas être simplement de multiplier les unités de transformation. Il faut faire émerger des entreprises capables de produire régulièrement, de maîtriser leurs coûts, de garantir la qualité et de satisfaire durablement leurs marchés. Je vois cinq leviers prioritaires. :
Le premier est le financement adapté. Les unités agroalimentaires ont souvent besoin d’investissements importants en équipements, en énergie, en emballages et en fonds de roulement. Il faudrait donc développer des mécanismes de financement tenant compte de la saisonnalité des matières premières et des cycles de commercialisation.
Le deuxième levier est l’accès à des équipements appropriés et aux infrastructures collectives : laboratoires, ateliers pilotes, centres de transformation, entrepôts et installations de conditionnement.
Le troisième est l’accompagnement technique. Les entreprises doivent être soutenues dans la formulation des produits, l’optimisation des procédés, la maîtrise des coûts, la mise en place des systèmes de management de la qualité et la conformité aux exigences réglementaires.
Le quatrième levier concerne les marchés. Les achats institutionnels, lorsqu’ils sont compatibles avec les règles applicables et les exigences sanitaires, peuvent contribuer à créer des débouchés prévisibles pour les produits locaux. Il faut également faciliter la participation des entreprises aux foires commerciales, aux plateformes de distribution et aux chaînes d’approvisionnement régionales et internationales.
Enfin, le cinquième levier est la qualité. Pour exporter, il ne suffit pas d’avoir un bon produit. Il faut pouvoir démontrer sa conformité aux exigences du marché cible, assurer sa traçabilité et maintenir une qualité constante. Les certifications, les normes, les analyses de laboratoire et les systèmes de contrôle deviennent alors des outils de compétitivité.
À cela s’ajoute la nécessité de développer des marques fortes, une identité commerciale claire et, pour certains produits de terroir, des démarches de labellisation permettant de valoriser leur origine, leurs caractéristiques et les savoir-faire qui les distinguent.
Quelles mesures permettraient de mieux protéger les consommateurs et de renforcer la confiance dans les produits agroalimentaires locaux ?
La sécurité sanitaire des aliments est une dimension fondamentale de la sécurité alimentaire. Un aliment peut être disponible et financièrement accessible, mais s’il présente un risque pour la santé, il ne contribue pas véritablement au bien-être des populations. Pour renforcer la confiance, nous devons agir sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, depuis la production des matières premières jusqu’à la distribution du produit fini. Cela commence par la généralisation des bonnes pratiques d’hygiène et de fabrication dans les unités de transformation. Les entreprises doivent maîtriser la qualité de l’eau, le nettoyage et la désinfection des équipements, la prévention des contaminations croisées, la gestion des déchets, la santé et l’hygiène du personnel, ainsi que les conditions de stockage. Il faut ensuite promouvoir des systèmes de maîtrise des dangers, notamment les Bonnes Pratiques d’Hygiène, la démarche HACCP, adaptée à la taille et aux risques de chaque entreprise. Les contrôles officiels, les inspections et les analyses de laboratoire doivent être renforcés, tout comme la capacité des entreprises à assurer la traçabilité de leurs produits.
Un autre chantier concerne l’information des consommateurs. L’étiquetage doit être compréhensible et conforme à la réglementation : dénomination du produit, liste des ingrédients, allergènes, date pertinente, conditions de conservation et autres informations obligatoires selon le produit et le marché concerné. Il est également important de mieux encadrer les allégations nutritionnelles, sanitaires et environnementales afin d’éviter les promesses trompeuses.
Mais je voudrais insister sur un point : la qualité sanitaire ne doit pas être considérée comme une simple formalité administrative ou une contrainte réservée aux entreprises exportatrices. Elle doit devenir une culture partagée par tous les acteurs de la chaîne alimentaire.
Pour cela, nous devons accompagner les petites unités de transformation, renforcer les capacités des agents de contrôle, faciliter l’accès aux laboratoires et sensibiliser les consommateurs. L’enjeu est de construire un environnement dans lequel les produits locaux sont appréciés non seulement pour leur goût et leur origine, mais aussi pour la confiance qu’ils inspirent. La sécurité sanitaire doit enfin aller de pair avec la qualité nutritionnelle. Innover, c’est aussi concevoir des aliments qui répondent aux besoins des différentes catégories de population, tout en limitant les excès de sel, de sucre ou d’autres ingrédients lorsque cela est pertinent.
Comment renforcer les liens entre universités, centres de recherche, producteurs et entreprises agroalimentaires ?
C’est une question essentielle, car le Bénin ne manque ni de compétences scientifiques ni de connaissances empiriques issues de nos producteurs et de nos transformateurs. Le défi consiste à mieux organiser leur rencontre pour transformer ces connaissances en innovations réellement utilisables. Aujourd’hui, une partie des recherches peut rester dans les laboratoires, tandis que les entreprises rencontrent des difficultés techniques auxquelles des équipes scientifiques pourraient apporter des réponses. Il faut donc passer d’une logique de recherche principalement académique à une recherche davantage connectée aux besoins économiques et sociaux.
Je propose d’abord de mettre en place des mécanismes permanents de concertation entre les universités, les centres de recherche, les organisations de producteurs, les entreprises, les structures d’appui et les institutions publiques. Ces cadres permettraient d’identifier les problèmes prioritaires : conservation des produits, rendement des procédés, qualité nutritionnelle, emballages, valorisation des coproduits ou réduction des coûts de production.
Ensuite, il faut développer les projets de recherche appliquée associant chercheurs et entreprises dès leur conception. Les entreprises doivent pouvoir exprimer leurs besoins, accueillir des stagiaires, participer aux essais et tester les prototypes. Les chercheurs, de leur côté, doivent être encouragés à produire des résultats transférables et économiquement viables.
Nous devons également investir dans des unités pilotes et des plateformes technologiques où une innovation peut être testée à petite échelle avant son déploiement industriel. C’est une étape cruciale : un procédé qui fonctionne au laboratoire ne garantit pas automatiquement une production rentable et stable à l’échelle commerciale.
Un autre aspect important est la valorisation des savoir-faire traditionnels. Certaines techniques locales de fermentation, de séchage ou de conservation constituent des connaissances précieuses. La recherche peut aider à les documenter, à en comprendre les mécanismes, à améliorer leur sécurité sanitaire et à préserver leur identité.
Enfin, il faut clarifier les mécanismes de financement, de propriété intellectuelle et de transfert de technologie afin que les innovations puissent effectivement être exploitées par les entreprises. Je suis convaincu que l’innovation agroalimentaire la plus pertinente naît de la rencontre entre la rigueur scientifique, l’expérience du terrain et les exigences du marché. Le chercheur ne doit pas travailler uniquement pour publier des résultats, mais aussi contribuer à résoudre des problèmes concrets, à créer de la valeur et à améliorer la vie des populations.
Quelles innovations encourager pour rendre la production et la transformation alimentaires plus durables face aux changements climatiques ?
Les changements climatiques nous obligent à repenser nos systèmes de production et de transformation. Nous devons produire suffisamment pour nourrir les populations, mais sans épuiser les ressources naturelles dont dépend notre alimentation.
La première priorité concerne l’agriculture résiliente. Il s’agit de promouvoir des variétés adaptées aux conditions climatiques locales, des pratiques agroécologiques, la gestion durable des sols, la diversification des cultures et des systèmes d’irrigation économes en eau. Les outils de suivi météorologique et de conseil agricole peuvent également aider les producteurs à mieux planifier leurs activités.
La deuxième priorité est la transition énergétique des unités agroalimentaires. La transformation exige souvent beaucoup d’énergie pour sécher, chauffer, refroidir ou conserver les aliments. Des équipements plus performants, des séchoirs solaires adaptés, des systèmes photovoltaïques et, lorsque cela est techniquement et économiquement pertinent, la valorisation énergétique de certains résidus organiques peuvent réduire les coûts et l’empreinte environnementale.
La troisième priorité est la valorisation intégrale des ressources agricoles. Les résidus de transformation ne doivent pas être systématiquement considérés comme des déchets. Selon leur nature et leur innocuité, ils peuvent être valorisés dans l’alimentation animale, le compostage, la production de certains ingrédients, l’extraction de composés d’intérêt ou d’autres applications industrielles.
Dans la filière ananas, par exemple, les écorces, les cœurs et d’autres coproduits peuvent faire l’objet de recherches pour identifier des voies de valorisation techniquement sûres et économiquement viables. Il faut cependant éviter de promettre une rentabilité avant d’avoir évalué les coûts, les risques sanitaires et les débouchés.
Enfin, nous devons encourager les entreprises à mesurer progressivement leurs consommations d’eau et d’énergie, à limiter les pertes et à adopter des emballages dont l’impact environnemental est évalué sur l’ensemble de leur cycle de vie.
L’État peut soutenir cette transition par des incitations à l’investissement vert, des dispositifs de financement adaptés, des programmes de recherche et des critères environnementaux pertinents dans les mécanismes d’accompagnement. La durabilité ne doit pas être perçue comme un luxe réservé aux grandes entreprises. Elle doit devenir un facteur de résilience économique pour tous les acteurs de nos chaînes de valeur. Une innovation est véritablement utile lorsqu’elle améliore la productivité, protège les ressources naturelles et reste accessible à ceux qui doivent la mettre en œuvre.
Quelles sont les priorités du Bénin pour accélérer l’innovation agroalimentaire et garantir une alimentation saine, nutritive et accessible à long terme ?
Pour conclure, je pense que le Bénin doit concentrer ses efforts sur quelques priorités structurantes, en assurant leur cohérence avec les politiques publiques déjà engagées.
La première est de mieux articuler la production agricole avec les capacités de conservation, de transformation et de commercialisation. Nous devons identifier les filières présentant un potentiel important pour les revenus des producteurs, la nutrition et la création d’emplois, puis construire autour d’elles des chaînes de valeur plus performantes.
La deuxième priorité est d’investir dans les technologies adaptées. Il ne s’agit pas nécessairement d’importer les équipements les plus coûteux, mais de développer et de diffuser des solutions fiables, réparables localement, économes en ressources et accessibles aux petites et moyennes entreprises.
La troisième est de placer la qualité sanitaire et nutritionnelle au cœur de la transformation agroalimentaire. Nous devons faire de la conformité aux exigences sanitaires, de la traçabilité et de l’amélioration de la valeur nutritionnelle des aliments des objectifs partagés par les entreprises, les structures de contrôle et les institutions d’accompagnement.
La quatrième priorité consiste à renforcer les capacités humaines. Nous avons besoin de techniciens qualifiés, d’ingénieurs, de chercheurs, de spécialistes de la qualité, d’entrepreneurs et de producteurs capables de maîtriser les nouvelles technologies. L’innovation ne se diffuse pas sans formation, conseil et accompagnement de proximité.
La cinquième est de rapprocher davantage la recherche des besoins des entreprises et des populations. Il faut financer les innovations qui répondent à des problèmes identifiés, faciliter leur expérimentation et organiser leur transfert vers les acteurs économiques.
La sixième priorité est de garantir un environnement favorable à l’investissement productif, notamment par l’accès au financement, aux infrastructures, aux marchés et aux dispositifs de certification et de labellisation.
Enfin, nous devons évaluer les résultats à partir d’indicateurs concrets : diminution des pertes après récolte, amélioration des revenus agricoles, nombre d’entreprises accompagnées vers la conformité sanitaire, emplois créés, progression de la transformation locale, accessibilité des aliments nutritifs et réduction des impacts environnementaux.
Je voudrais terminer par une conviction : le Bénin possède les ressources humaines, les matières premières et les savoir-faire nécessaires pour construire un secteur agroalimentaire plus fort. Ce qui importe désormais, c’est de mieux coordonner les initiatives, de mobiliser les investissements et de faire de l’innovation une réalité dans les exploitations, les ateliers de transformation, les laboratoires et les marchés.
Nourrir demain commence par les décisions que nous prenons aujourd’hui. Investir dans la recherche, transformer davantage nos productions, garantir la qualité des aliments et protéger nos ressources naturelles, c’est investir dans la santé de nos populations, dans l’emploi de notre jeunesse et dans la souveraineté alimentaire du Bénin.
La Journée mondiale de l’alimentation ne doit donc pas être seulement un rendez-vous de sensibilisation. Elle doit être une occasion de renouveler nos engagements et de mesurer les progrès accomplis pour que chaque citoyen puisse accéder durablement à une alimentation saine, nutritive, sûre et abordable.