Le Sodabi, « L’eau-de-vie » du Bénin

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avril 18, 2017 0 Commentaires

Le Sodabi, « L’eau-de-vie » du Bénin

Le sodabi est un spiritueux issu de la distillation artisanale du vin de palme (Elaeis guineensis). Il a été préparé pour la première fois au Bénin par les frères Gbèhalaton et Bonou Kiti Sodabi du village de Sèdjè Houégoudo, un village de l’ancienne subdivision d’Allada et appartenant actuellement à la municipalité de Zê (Aionou, 1993 ; Adé et al., 2010). Bonou Kiti Sodabi ayant acquis les techniques de préparation de diverses boissons au cours de son séjour en France en tant que militaire Béninois alors Dahoméen (1914 -1918), de son retour au pays, entreprit avec son frère dans leur village de distiller de l’alcool à partir du matériel local.

Le vin de palme est la substance qui donna le meilleur résultat.


Ainsi est né le sodabihan (c’est-à-dire la boisson de Monsieur Sodabi), terme qui subira au cours du temps une apocope pour donner le sodabi (Aiounou, 1993). Le sodabi dose 40 à 60% d’éthanol sous sa forme commerciale et peut titrer exceptionnellement 70 degrés (Aiounou, 1993).
Intérêt de la production du sodabi et perspectives de promotion Le sodabi a un statut socio-culturel très important et est utilisé lors de nombreuses cérémonies traditionnelles. Il a résisté et survécu dans le temps aux régimes politiques, aux générations, aux révolutions scientifique et philosophique.

Selon une étude réalisée par Tehoua et al. (2011) en Côte d’ivoire, le koutoukou (équivalent du sodabi) pourrait s’avérer bénéfique comme toute autre boisson alcoolique pour les fonctions hépatiques ainsi que pour le métabolisme lipidique s’il est consommé avec modération (soit 125 ml par jour). En 1989, Iroko cité par Aiounou (1993) rapporte les vertus thérapeutiques du sodabi en pays Idaasha dans le Centre du Bénin. Dans cette région, il serait utilisé pour soigner les blessures, les morsures de serpents et de scorpions et pour combattre la conjonctivite.
En outre, cette boisson procure des revenus plus ou moins importants aux divers opérateurs impliqués dans la filière et sa production permet de récupérer les palmeraies improductives et les vieilles plantations à l’occasion de leur renouvellement. Le sodabi peut être aussi engagé dans des transformations pouvant aboutir à la production de l’éther éthylique, un antiseptique ; de l’acétone, un solvant ; de l’éthylène et des polyéthylènes pour des fabrications des matières plastiques (Aiounou, 1993).
Rectifié et standardisé, le sodabi pourra devenir une liqueur commercialisable au-delà des territoires béninois et africain.
Transformation du vin de palme en sodabi La préparation du sodabi comprend plusieurs étapes parmi lesquelles les fondamentaux sont : la fermentation du vin de palme et la distillation du moût. La bonne conduite de ces deux opérations
sont déterminantes pour la qualité finale du sodabi. Les principales étapes de la préparation du sodabi à partir du vin de palme sont : l’abattage et la préparation des palmiers, la réalisation et l’entretien de la saignée, la récolte du vin, la fermentation et la distillation du moût. La distillation est en effet une opération de séparation qui comprend successivement le chauffage entraînant une vaporisation et le refroidissement qui conduit à la condensation de vapeurs et notamment de l’éthanol.
Les photographies suivantes montrent les étapes sus-dénommées.

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